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 Doré de légers tons d'ambre comme une peinture de maître qui s'agatise

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Alrik Brume-esprit
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MessageSujet: Doré de légers tons d'ambre comme une peinture de maître qui s'agatise Sam 10 Mar - 16:56

Il était retombé sur la petite fiole plus de deux semaines après la fin des évènements. Elle était là, gisant au milieu de ses affaires sales. Elle était tombée de l’une des poches d’un de ses pantalons poussiéreux, s’écrasant dans un bruit mat au milieu des autres vêtements. Et soudain le souvenir l’avait frappé comme lorsque l’on se souvient, avec horreur, que l’on a oublié quelque chose d’important.
Alors il l’avait ramassée et observée un moment, pinçant les lèvres alors qu’il la faisait tourner à hauteur de ses yeux. La couleur était ambrée. Voilà tout ce qu’il savait. Alors il l’avait posée proche de son lit et avait décidé de l’ignorer. Pourtant…
 
Pourtant…
 
Pourtant son regard revenait sans cesse vers ce petit flacon ambré. Vers ce liquide qui lui était inconnu. Et quelque part, tout au fond, là où la curiosité prenait naissance, l’envie de savoir le tiraillait. Sa curiosité naturelle le poussait à se questionner, à vouloir savoir… qu’était-ce donc ? Comme un petit bouton qui le gratterait, le démangerait et dont l’accès lui serait interdit. Aussi, lorsqu’on lui proposa de se rendre à Umönnun, en territoire Eïr, il accepta sans une once d’hésitation. Empaquetant le flacon, il jeta son sac sur son épaule, s’empara de son bâton de marche et, décidé, il prit la route avec, en tête, bien plus que son simple travail de guide.
 
Sur place, après avoir été remercié par son client, il se mit à la recherche d’un herboriste apte à le renseigner. Plusieurs noms lui furent donnés par la population et c’est celui d’Elowen Vertefeuille qu’il retenu. Peut-être parce qu’elle sonnait si végétal… peut-être parce qu’il n’avait jamais eu beaucoup de mémoire. Mais ses pas le menèrent à une habitation simple où il pénétra non sans appréhension. Découvrir une nouvelle personne n’avait jamais été une partie de plaisir pour le timide Alrik. Mais la curiosité, vive, dérangeante, le poussait toujours plus avant.
 
Dans l’échoppe, pas un chat. Ha. Le guide voulu rebrousser chemin mais un bruit, provenant d’une autre pièce, attira son attention. Un bruit… plutôt un chant, une mélodie, douce, harmonieuse. A bien prêter l’oreille, quelqu’un chantonnait. Ne sachant que faire, Alrik effectua une petite danse des plus étrange, son poids se déplaçant d’un pied sur l’autre, son corps ne sachant s’il devait avancer vers l’harmonie ou s’échapper sans être vu. Prenant une inspiration, serrant le poing autour de son bâton de marche, il finit par cheminer vers l’origine du chant.
 
Dans une autre pièce, fredonnant alors qu’elle travaillait, une jeune femme qu’il ne voyait que de dos, s’affairait à la préparation d’une décoction. Elle semblait entièrement absorbée par son travail et la chorégraphie de ce corps concentré, aux gestes certains, précis, hypnotisa un moment le guide qui resta à observer le ballet des gestes et des mouvements. Combien de temps resta-t-il, silencieux, absorbé, à observer cette harmonie fugace ? Il n’aurait su le dire. Mais quand il reprit vit ce fut pour se racler la gorge, indiquant par cela sa présence. Passant une main dans sa barbe sombre, il prit la parole, gêné, fixant le sol :
 
« Je vous prie de m’excuser. Je suis Alrik Brume-Esprit, je chercherai une personne apte à identifier la composition d’un breuvage dont je ne connais rien. Pourriez-vous m’aider ? »
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Elowen Vertefeuille
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MessageSujet: Re: Doré de légers tons d'ambre comme une peinture de maître qui s'agatise Mar 20 Mar - 17:36

Ronan Marchefer venait de quitter la petite échoppe d'Elowen. Il lui avait commandé une décoction de Brunelle, conseillée par le guérisseur pour ses problèmes de bouche. Une infusion aurait pu suffire si la saison avait été propice, mais il ne restait que des fleurs séchées, conservées précieusement par l'herboriste.

Elowen réduisit d'abord en fine poudre dix poignées de Brunelle. Elle commença à fredonner tandis qu'elle pressait et tournait le pilon dans son pot de terre cuite. C'était un petit air joyeux qui ne ressemblait pas à une chanson entonnée autour du feu lors des cérémonies ou des fêtes. Elle chantait toujours des airs qui lui passaient par la tête. Elle se plaisait à penser qu'un esprit lui soufflait la mélodie et parfois même les paroles. De temps à autre, elle chantonnait simplement ce qu'elle faisait. C'était le cas ce jour-là.

« Petite Brunelle écrasée, petite Brunelle bientôt chauffera, petite Brunelle tu soigneras les vilaines plaies, les vilaines plaies dans la bouche de Ronan. Mais qu'a-t-il, qu'a-t-il donc fait ? Où le coquin a-t-il attrapé cette plaie ? De l'eau, de l'eau de pluie. Versée, versée sur la petite Brunelle. Petite Brunelle... »

Elle retira une marmite en terre cuite du feu pour déposer la deuxième qu'elle possédait. La Brunelle  devait bouillir pendant 15 minutes avant qu'elle ne laisse le mélange refroidir. Il lui faudrait ensuite presser le marc et filtrer la décoction.

« Je vous prie de m’excuser. Je suis Alrik Brume-Esprit, je chercherai une personne apte à identifier la composition d’un breuvage dont je ne connais rien. Pourriez-vous m’aider ? »

Elowen sursauta. Elle n'avait pas entendu l'homme entrer. Elle espérait qu'il ne l'avait pas écouté fredonner si impertinemment sur les problèmes buccaux de Ronan. Cela pourrait nuire à la réputation du jeune homme et les prochains clients hésiteraient à se fournir chez elle. La discrétion faisait aussi partie de son métier.

Il était rare qu'on vienne la consulter pour analyser un breuvage. Cela remontait à une bonne année lorsqu'on l'avait sollicité pour un liquide rosé qui s'était révélé être un poison malgré sa douce odeur sucrée.

Elowen reprit une contenance devant l'homme qui lissait sa barbe en regardant le sol. Il avait un bâton de marche. Cela lui fit penser à Maël qui était guide. Elle ne l'avait pas vu depuis plusieurs jours et sa présence lui manquait. Il aimait se glisser dans l'échoppe et reprendre son chant pour annoncer sa venue. Parfois, il revenait à peine d'un de ses voyages et il avait avec lui son bâton de marche. L'inconnu était-il guide également ?

Elle s'approcha de l'homme et sourit doucement.

« Bonjour, je suis Elowen Vertefeuille. Laissez-moi voir votre breuvage. Je vais voir ce que je peux vous en dire. Savez-vous d'où il provient ? Cela peut m'aider pour l'identification. »

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Une mauvaise herbe est une plante dont on n'a pas encore trouvé les vertus
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Alrik Brume-esprit
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MessageSujet: Re: Doré de légers tons d'ambre comme une peinture de maître qui s'agatise Mar 1 Mai - 21:23

Il avait fait sursauter la femme. C’était peut-être anodin mais Alrik s’en voulu l’espace d’un instant. Lorsqu’elle se tourna vers lui, il put observer un visage surprit et un regard qui glissa pour s’attarder sur son bâton de marche. Il n’y préta pas tellement attention, lui-même s’adonnait à son inspection habituelle. Il ne prit même pas la peine de détailler ce visage qu’il ne pourrait se rappeler et laissa ses yeux glisser sur la chevelure de la jeune femme. Aux premiers abords, elle ne semblait pas présenter de particularité pouvant la différencier des autres. Mais quand elle s’approcha de lui, Alrick sut instinctivement comment il pourrait à l’avenir la reconnaitre, la distinguer des autres. De son corps entier émanait une odeur végétale. Un parfum entêtant, sublime, comme si elle se composait de nature, comme si elle n’était qu’herbe nouvellement coupée ou terre après la pluie.
 
Pétrichor.
 
C’est ainsi que son esprit la renomma, instinctivement, comme il renommait toutes les personnes qui croisaient son chemin. Et si pour les autres elle était Elowen Vertefeuille c’était sous l’appellation de cette odeur particulière qui s’échappait du sol lorsque les gouttes venaient à le frapper que le guide la désignerait désormais.
 
Sortant de ces pensées, il sembla soudain confus. Il n’avait pas prévu qu’on lui pose des questions. Encore moins prévu quoi y répondre. Car il n’avait pas l’intention de s’étendre sur les circonstances qui l’avaient mené à mettre la main sur cette flasque. Aussi décida-t-il de rester évasif, se sachant doué pour le mensonge, habitué qu’il était à maquiller la réalité pour les autres, mais surtout pour lui-même.
 
« Dans la chaîne montagneuse Mirn. Je l’ais trouvée par hasard alors que je guidais un homme à travers celles-ci… Marmonna-t-il, tendant le flacon à la femme. Elle était dans une grotte. Rajouta-t-il, prestement, comme si cela justifiait du fait qu’il était tombé dessus sans le vouloir. »
 
N’osant regarder Pétrichor, il laissa ses yeux fureter dans l’atelier, s’attarder sur les herbes et les flacons. Lui cacher les origines réelles de la flasque risquait peut-être de lui compliquer la tâche. Mais l’idée de revenir de nouveaux sur les évènements de la grotte lui semblait pour le moment impossible. Comme si le simple fait de se souvenir allait le vider, le laisser épuisé et vide. Aussi rechignait-il à laisser la conversation dériver vers ce sujet. D’ailleurs… après un silence, redoutant une nouvelle question, ce fut lui qui, au prix d’un grand effort, en lança une.
 
« Combien de temps pensez-vous que cela vous prendra ? Il posa, l’espace d’une seconde seulement, ses yeux sur la femme, captant son regard qu’il fuit instinctivement. Je veux dire… pour analyser le liquide. C’est pour savoir… commença-t-il, cherchant lui-même ce qu’il voulait savoir. »
 
Un silence. Ce silence qui le prenait lorsqu’il tentait de rattraper ses pensés qui avançaient bien trop vite pour que lui-même les suive.
 
« C’est pour savoir s’il me faut chercher un logement. Finit-il par articuler, réussissant à mettre le doigt sur cette considération qui l’avait traversé bien avant qu’il ne s’en rende compte. »
 
Oui un logement. Se reposer. C’était une idée.
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MessageSujet: Re: Doré de légers tons d'ambre comme une peinture de maître qui s'agatise

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