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 L’homme a quatre membres, le cinquième est la honte. [PV Helga]

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Alrik Brume-esprit
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MessageSujet: L’homme a quatre membres, le cinquième est la honte. [PV Helga] Lun 12 Mar - 13:39

Il tremblait encore. Derrière lui la grotte, œil sombre, semblait vouloir à tout prix le dévorer de nouveau et lui faire revivre le cauchemar dont il venait à peine de se tirer. Les douleurs, celles des coups reçus durant l’altercation avec le golem, mais aussi d’autres, plus profondes, plus psychologiques, le faisait vaciller sous son arbre. Il était là, les jambes étendues, le corps parcouru de frissons incontrôlés, tentant vainement de contenir les émotions qui débordaient de son être. Et par-dessous tout cela, comme une horrible cerise trônant sur le plus difforme des gâteaux, se pavanait sa honte. Celle de son comportement, celle de sa peur, celle de se savoir pleutre là où d’autres, même des enfants, avaient su se montrer braves. Ho comme il aurait pu rougir de sa terreur si son teint n’avait pas été celui d’un mort.
 
Des images, fugaces, entêtantes, s’imposaient à son esprit, lui refaisant vivre les évènements qui venaient de se dérouler. Maintenant que tout était derrière lui, même si cela ne se comptait qu’en minutes, que la tempête qui l’avait fait basculer dans un état proche de la folie s’était calmée, il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas comment il avait pu ainsi se laisser emporter. Lui d’une nature calme et discrète s’était donné en spectacle d’une manière ridule, digne d’un enfant en plein caprice. Aussi voulait-il disparaitre, s’enfouir dans un trou et ne plus jamais en sortir. Se faire si petit, si anodin que plus jamais personne ne ferait attention à lui et ainsi oublier la vilénie de son propre comportement.
 
Des yeux, il parcouru la foule de ses camarades qui semblaient eux aussi hagards, accusant le coup, la quantité d’informations qui venaient de leur être imposées. Comme il aurait voulu leur crier son désarroi, son déshonneur. Mais il se tut. Muet. Stupide. Et lorsque ses yeux se posèrent sur Helga, il sentit comme un vertige, comme une explosion vive quelque part dans son torse. Il se revoyait, à genoux, implorant la femme de l’aider, s’accrochant, pleurant, mouillant de sa morve et de ses larmes la tenue qu’elle portait. Il écarquilla les yeux, espérant au fond de lui que ces images, ces souvenirs, ne soient que le produit de son imagination. Que des spectres corrompus, produits par la peur et la confusion… Ho si seulement…. Si seulement.
 
La jeune femme s’éloignait du groupe et, mu par une pulsion soudaine, il se leva, la suivant à bonne distance au début. Puis, comme poussé par une volonté extérieure, il finit par la rattraper, par se porter à sa hauteur. Que voulait-il faire au juste ? Pourquoi l’avoir ainsi accompagné ? Parce que dans la grotte son contact lui avait apporté réconfort et aide ? Parce que maintenant il aurait voulu ressentir de nouveau cette sensation de sécurité qu’il avait ressenti dans ses bras ?
 
Non. Non. Il refusait cette explication.
 
Il voulait s’excuser. De son comportement. De ce moment d’égarement. De sa peur. De ses pleurs. D’être lui. D’exister. Et de lui avoir imposé l’espace d’un instant le fardeau de son être. Mais alors qu’il lui attrapait la manche pour la stopper dans sa marche, il se trouva incapable d’exprimer le moindre mot. Et il se retrouva, penaud, pantois, enfant coupable, ne sachant que dire. Et il espérait au fond de lui que ses yeux exprimeraient les milles paroles qu’il n’arrivait pas à prononcer.
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Helga Sverre
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MessageSujet: Re: L’homme a quatre membres, le cinquième est la honte. [PV Helga] Jeu 15 Mar - 19:54

Je suis terrifiée, apeurée… j’ai envie de rentrer chez moi et d’oublier tout ce qu’il s’est passé dans cette grotte. J’aimerais me dire que ces rencontres étaient simplement le fruit d’un cauchemar éveillé. Peut-être que c’est cela après tout et que quelqu’un va me pincer et que je serai assise sur ma couche pleine de sueurs la bouche formée pour faire sortir un cri salvateur. La méchanceté de Ran siffle encore à mes oreilles, les larmes ont commencé à couler alors que je me suis éloignée du groupe. Je grelotte de peur retenue, de sanglots silencieux. Je veux rentrer et oublier.

Les rencontres jusque là ont été toutes néfastes. J’ai essayé d’aider Raphael, j’ai soutenu l’homme appelé Alrik et je me rends compte qu’au final je n’ai eu aucun retour. A quoi cela sert d’être sympathique, douce pour n’avoir en remerciements que des remontrances. Doucement je m’éloigne encore un peu plus jusqu’à ce que je ne les entende plus. Je m’arrête regardant l’horizon. Il est trouble tant les larmes embuent mon regard. Ma douceur n’a rencontré que la rudesse. Vais-je devenir comme eux tous dans quelques temps ? Etre aussi désagréable ? Je ne l’espère vraiment pas.

Certaines personnes évoluent en mal en étant frappées de la sorte. Les événements tragiques que j’ai vécus avec la perte de Sven m’ont au contraire rendue encore plus douce et bienveillante. Toutefois à cet instant, inexorablement seule j’éprouve le besoin d’être aimée et entourée. J’aimerais qu’à mon tour quelqu’un prenne soin de moi de mon avenir. J’aimerais recevoir comme j’offre mais comment ?

Je poursuis jusqu’à m’arrêter pour je ne sais quelle raison. C’est à cet instant alors que les larmes ont cessé de couler que je sens sa main sur mon coude. Je sursaute et j’ai peur de me retourner et d’affronter le regard de Ran ou encore de Lothar. J’ai peur de subir une main claquant sur ma joue pour me ridiculiser juste un petit peu plus envers les autres. Je n’ose pour l’instant me retourner avant de risquer un quart de tour pour voir simplement Alrik.

Je suis soulagée de voir l’homme que j’ai rassuré au sein de la grotte. Le regard qu’il m’adresse semble vouloir me remercier. Je ressens de la douceur mais aussi de la peur. Un malaise perceptible qui ne me laisse pas de marbre. Je souris alors que d’une de mes mains je récupère la sienne.

« Alrik ? » est la simple question qui sort pour l’instant de ma bouche « Tu vas mieux que toute à l’heure et si tu m’abordes pour me remercier je ne peux que t’assurer que j’ai fait ce que j’ai cru être bon à ton égard comme pour ceux de toute l’équipe » je ne quitte pas sa main « Mais si tu veux te confier sur ce qu’il s’est passé et que tu veux vider ton sac je ne te jugerai pas à l’inverse de quelques personnes que je nommerai pas un peu plus loin ».

A nouveau je balaie mes craintes, mes envies pour me tourner vers celui qui est dans le besoin ; peut-être oui peut-être qu’à l’issue de cet échange je pourrai me confier sur mes vieux démons… moi-même simplement.

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Alrik Brume-esprit
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MessageSujet: Re: L’homme a quatre membres, le cinquième est la honte. [PV Helga] Ven 13 Avr - 22:21

La main était douce, chaude, légèrement calleuse comme l’était les mains des femmes qui travaillaient. Il resta un moment interdit à observer cette main qui avait pris la sienne, doucement, tendrement et il voulu l’espace d’un instant rompre ce contact. Comme s’il n’était pas normal, comme s’il n’avait pas sa place maintenant, en ce lieu. Et il se sentait honteux de sentir cette chaleur, agréable, se répandre dans sa main.
Il leva les yeux vers Helga, vers ce visage sur lequel ne semblait subsister qu’une bonté d’âme irréprochable. Pourtant, quand elle ouvrit la bouche, c’est une amertume étrange qui engloba ses mots. Le regard d’Alrik suivit celui de la sylv. Ràn et Lothar se tenaient au loin et la rancœur d’Helga envers l’inséparable duo n’était que trop palpable. Pourtant c’était à lui, Alrik, qu’elle proposait de se confier, dédiée qu’elle était aux autres, s’oubliant dans les souffrances d’autrui.
 
Le Dunien reporta son attention sur les doux traits de la jeune femme et renforça son étreinte, enserrant dans ses doigts cette main légère. Quelque chose chez Helga le touchait, profondément, remuait chez lui quelque chose qu’il n’arrivait pas à caractériser. Et alors qu’il aurait voulu s’épancher sur sa lâcheté, s’excuser de cette faiblesse qui le caractérisait, il jeta au loin ses considérations pour tourner son attention vers une toute autre souffrance qui n’était pas la sienne.
 
« Je tenais effectivement à te remercier. Commença-t-il, doucement, dans un souffle, détournant le regard. Tu as été mon lien avec la réalité… je n’ose imaginer les conséquences de mes actes si tu ne m’avais pas arrêté. Comment ais-je pu seulement croire qu’il s’agissait d’Oen ?... »
 
Il marqua une pause, cherchant ses mots. Il savait ce qu’il voulait dire mais ne savait comment l’exprimer. Et comme toujours, il lui fallut un temps infini pour formuler une phrase pourtant si simple en apparence.
 
« Mais pour l’heure c’est à ton sujet que je m’inquiète. Ne garde pas les choses pour toi. Et si tu veux parler. »
 
Nouvelle pause… nouvelle hésitation.
 
« Si tu veux parler… »
 
C’était comme si les mots ne voulaient pas venir, comme s’ils se coinçaient quelque part dans son esprit. Le regard du guide devint vide l’espace d’un instant alors que, à l’intérieur, il tentait de mettre la main sur l’idée qu’il cherchait à exprimer. Une idée pourtant évidente. Mais qu’il voulait exprimer avec justesse. Et soudain, après quelques secondes, il reprit.
 
« Sache que je suis là. » Conclut-il, maladroitement.
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MessageSujet: Re: L’homme a quatre membres, le cinquième est la honte. [PV Helga] Mar 17 Avr - 17:58

Quelle est cette raison qui m’a poussée à lui prendre sa main tendrement sans nulle arrière pensée je n’en sais strictement rien. Je n’ai pas la réponse à cette question que l’on pourrait pourtant me poser. C’est probablement cet instinct maternel ou même cette douceur qui est la mienne qui me conduit à être tactile avec cet homme que j’ai vraisemblablement sauvé dans cette grotte. Le mot est trop fort pour la scène, je dois relativiser et ne pas m’emballer par sa douceur même si j’en ai besoin.

Je suis tremblante alors que non loin de là se trouve encore le groupe. Ma joue est encore rouge de la claque reçue par la Shaman, mon corps se souvient des mains de Lothar, de ses paroles blessantes auxquelles devant lui je suis restée de marbre. Profondément meurtrie je n’ai rien laissé paraître cherchant au plus profond de moi-même une force dont je suis dénuée.

Il coupe sa phrase de remerciements et je serre un peu plus sa main baissant les yeux. Je ne pensais pas avoir été si pilier pour lui à cet instant ; est ce que au fond de moi-même je suis plus forte que je ne le crois ? Cela semble être le cas si je l’écoute. Il m’avait prise dans ses bras, il me suit encore à cet instant pour me remercier mais je me trouve perdue devant cette attitude. Je n’ai pas l’habitude de la douceur qui me fait cruellement défaut depuis plus d’une année aussi je me baigne dans ses paroles et dans cette main qui serre également un peu plus la mienne. Même Sven sur la fin de sa vie n’a pas été aussi doux. Je ne le regarde plus, mes paupières sont baissées je suis figée à regarder le sol alors que j’entends ses questions et sa proposition de m’aider. Mais comment peut-il m’aider alors que moi-même je n’ai pas la solution à ce malaise qui est le mien ?

Je tremble un peu plus et j’ai envie à mon tour de m’accrocher à lui au moment où mes jambes flageolent. Mais pas sous le regard des deux autres qui pourraient se servir de ce guide pour me détruire moi et le reste de mon existence. Non pas ici alors doucement je lui murmure me rapprochant de lui.

« Marchons un peu, éloignons nous d’eux veux tu ? ». Je marque un temps de pause alors que mon regard se relève accrochant le sien. Doucement je me mets à côté de lui dans le sens de la marche. Le silence s’installe entre nous deux car je n’ai pas de mots, je rougis même de ce tête à tête soudain.


Un peu plus loin je distingue une souche d’arbre que je lui désigne du menton. Je la rejoins quittant sa main, je m’y installe car me jambes ne me portent plus du tout alors que j’amorce un récit pour le moins sommaire de ma vie « Ma souffrance est récente, j’ai perdu mon mari, mon âme sœur il y a un an maintenant ; nous étions tout l’un pour l’autre et depuis je ne suis qu’une coquille vide » j’élude cette partie où la mésentente a régné dans notre couple, cela ne le regarde pas, pour l’instant « je fais ce travail qui est le mien avec entrain, je garde ce sourire, ce soin des autres car c’est ce pour quoi j’ai toujours été formée mais quand la porte est fermée et que je suis seule je laisse tomber ces larmes, je ne dors plus, je ne mange plus ; la vie n’est qu’une succession de tristesse ; toutes les rencontres jusque là n’ont été que souffrance… aussi quand je vois souffrir quelqu’un j’essaie d’absorber cette tristesse qui est la sienne pour le soulager ; un poids de plus pour moi pour soulager le commun des mortels car après tout je ne suis plus à cela près ; tu es jeune encore je le vois dans ton regard, un bel homme ne doit pas souffrir comme toi tu as l’air de le faire, confies toi à moi, vide cette rancœur profonde pour passer à autre chose, une autre vie, laisser ce passé derrière toi et embrasser un nouvel avenir ».

Mon regard embué de quelques larmes qui ne tomberont pas accroche le sien, une confidence que je ne voulais pas révéler aux autres. Qui sait ce qu’ils auraient pu en faire ?

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MessageSujet: Re: L’homme a quatre membres, le cinquième est la honte. [PV Helga] Mar 19 Juin - 13:24

Lorsqu’elle lui lacha la main pour allait s’asseoir sur la souche, le guide sembla voir dans ses mouvements une lassitude, un poids d’une lourdeur incommensurable peser sur les épaules de sa compagne. Elle était là, assise, las, et, comme souvent, l’homme se trouva démuni devant le spectacle d’une souffrance qu’il se savait incapable d’apaiser. Il ne pouvait alors que prêter l’oreille à la douleur des autres. Se taire. Et écouter.
 
Et quand elle se mit à parler, à conter l’histoire qui était la sienne, Alrik ressentit à son tour le besoin de s’asseoir. De s’écrouler. Quelque chose en lui venait de se briser, une nouvelle fois, alors qu’il ne pensait pas que cela pouvait être possible. Le souvenir qui remontait, celui de la mort d’Adelheid, lui fit tourner la tête et, comme à chaque fois qu’il y pensait, son cœur se serra si fort qu’il cru un instant qu’il allait exploser. Ce que disait la Sylv, Alrik ne le comprenait que trop bien. Une coquille vide, un être fantôme qui ne dort plus, qui ne mange plus… combien de temps avait-il été ainsi après les évènements ? Ne l’était-il pas toujours après tout ? Combien de fois se réveillait-il en sueur, prêt à hurler à cause des souvenirs de cette nuit ? Combien de fois avait-il envie d’hurler lorsque le hasard amenait à lui un objet dont il pensait s’être débarrassé lui rappelant Oen ?
Il porta ses mains à son visage, liant ses doigts devant sa bouche, luttant contre l’envie soudain d’hurler qu’il l’avait pris. Il n’arrivait déjà pas à faire face à sa propre douleur, comment pouvait-il seulement prétendre pouvoir aider quelqu’un avec la sienne ? Mais il se tut, planta ses ongles dans sa chaire, serrant sa mâchoire à s’en faire mal, autant pour s’obliger à rester que pour rendre cette douleur psychique réelle, palpable.
 
Lorsqu’elle eut terminé de parler, elle leva les yeux vers lui et il eut bien du mal à soutenir son regard. Elle s’effaçait, de nouveau. Elle venait de lui avouer toute cette douleur qui l’empêchait de vivre, qui la rongeait de l’intérieur mais elle avait balayé tout cela du revers de la main. Comme si ses sentiments n’avaient pas d’importance, comme si seul celles des autres pouvaient en avoir. Et face à cet état de fait il ne savait que dire, que faire. Il était démuni.
 
Il lui fallut un moment pour réussir à détendre son corps, à reprendre une contenance qui lui permettrait de parler. Il soupira, laissant ses mains retomber mollement sur ses genoux qu’il avait croisé en tailleur. Un moment, il avait voulu ne pas parler, ne pas s’étendre à son tour sur ses tourments. Mais le regard de la femme était comme une supplique et il ne voulait pas lui retirer ce qu’elle cherchait à se voir offrir : une confession.
 
« Aldelheid. Finit-il par articuler. Difficilement. Sa voix lui parut rauque et il se racla la gorge. Ma fiancée. »
 
De nouveau il dut se taire. Il porta ses mains à ses tempes, se mit à fixer le vide. Quelque chose le bloqué, l’empêchait d’en dire plus. Il lutta un moment ainsi, silencieux, essayant de débloquer sa parole.
 
« J’étais fiancé. Reprit-il enfin, alors que l’utilisation du passé était encore plus douloureuse que n’importe qu’elle autre chose, mais elle est morte. Non. Non. Pardon, ce n’est pas la vérité. On l’a tuée. C’est ça la réalité. On a tué Adelheid, quelqu’un me l’a prise. »
 
Quelqu’un oui. Pour le moment il n’était pas capable d’avouer le reste, de parler d’Oen. C’était au-dessus de ses forces. Peut-être plus tard. Peut-être un autre jour. Pour le moment il ne pouvait qu’avouer une demie vérité.
 
« Et depuis… depuis… je. Je ne sais plus. Je suis vide moi aussi. Là. A l’intérieur. Non ça non ce n’est pas vrai. Je ne suis pas vide. Je ne suis que douleur. J’ai mal, tout le temps. »
 
Et sa voix se brisa sur ses derniers mots alors qu’il se mettait à sangloter, étreignant ses genoux pour se raccrocher à quelque chose. Il se mit à se balancer d’avant en arrière, enfouissant son visage entre ses jambes, incapable d’en dire plus. C’était déjà bien trop pour lui. Bien trop de choses auxquelles il devait faire face. Et quelque chose en lui détestait Helga de l’obliger à en parler, à regarder la vérité. Car au moins lorsqu’il l’ignorait sa souffrance n’était qu’un bruit de fond, en sourdine. Et alors il pouvait faire semblant.
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MessageSujet: Re: L’homme a quatre membres, le cinquième est la honte. [PV Helga] Mer 20 Juin - 13:54

Helga reste silencieuse après s’être confiée aussi soudainement à un inconnu. Qui est-il pour qu’elle ait pu ainsi verbaliser ses peurs et sa tristesse ? Ils ont été nombreux à se succéder depuis la mort de Sven à son chevet pour lui redonner le sourire. Elle ne trompe pas son auditoire sous son air de tout-va-bien. Au final la seule chose qu’elle recherche est une tranquillité pour pouvoir vivre de nouveau.

Dans cette grotte, les choses qu’elle a vu lui ont fait peur ; mais il n’y avait pas que cela. Il y avait les autres également, ses partenaires d’infortune. Croiser Lothar de nouveau a été cruel et l’action de la Shaman a anéanti la jeune Njord. Mais le contact avec le Dunien depuis la sortie et ce geste si doux l’a fait fondre. Elle s’est dévoilée trahissant ses propres douleurs pour espérer faire sortir les siennes. En cela elle est douée, la compassion et la douceur. Dans cette attitude la sylv fait passer toute son humanité et panse ses propres blessures. Apprendre à vivre de nouveau en épaulant les autres, tel est son projet de vie.

Aussi lorsqu’Alrik commence à s’exprimer elle ressent toute sa douleur. Elle ne l’interrompt mais elle le regarde comme subjuguée. Elle retient sa main qui a envie de se poser sur la sienne quand il mentionne la mort de sa fiancée. Les paroles de l’homme se font plus saccadées. Helga est horrifiée par la suite et se sent blessée pour lui. Les paroles qu’il utilise pourraient presque être une pale copie des siennes. Leurs histoires pourraient être similaires mais dans la sienne il y a ce niveau de dramatique en plus qui la laisse sans voix. Lorsqu’il se penche d’avant en arrière, qu’il pleure Helga s’agenouille devant lui elle le prend dans ses bras prenant ses mains pour découvrir son visage. Le regard qu’elle adresse au guide et lui aussi rempli de larmes mais elle veut aider cet homme qui est désormais à terre.

« Je suis désolée » trois mots qui ne ramèneront pas sa fiancée mais qui sous entendent cette honte de l’avoir forcé à verbaliser sa douleur. Elle ne lâche pas les mains de l’homme et l’invite à s’agenouiller tout comme elle.

« Je comprends mieux ce qu’il s’est passé là bas, tu as cru que… » non elle ne poursuivra pas il n’en a pas besoin de reparler de cette douleur qui l’étreinte plus fortement encore. Pourtant elle a besoin de lui dire qu’elle est là même si elle ne le connaît pas « Je ne suis qu’une Njord, je n’ai pas d’arme ni quoi que ce soit si ce n’est une profonde volonté d’aider ; je me suis rendue compte que en aidant les autres j’oubliais ma propre douleur et mes craintes ; je n’ai plus aucun espoir dans cette vie pour moi alors j’essaie d’aider les autres » elle reprend son souffle sans quitter du regard l’homme « Raccroches toi aux autres à ceux qui veulent t’aider mais n’oublies pas qui tu es au fond de toi-même ; ne deviens pas une autre personne ; la vengeance ne résoudra rien ; il faut que tu sois heureux et tu le seras quand tu te retrouveras toi-même avec ton projet de vie ».

Elle raisonne comme elle peut ; ces mots elle pourrait se les prononcer à elle-même en fin de compte mais elle espère que cet échange et ces paroles aussi brèves soient-elles permettront au guide de retrouver foi un peu plus en l’avenir.

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