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 Je sais bien que tu aimes croasser, mais tu exagères là

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Lothar Duracier
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MessageSujet: Je sais bien que tu aimes croasser, mais tu exagères là   Dim 7 Jan - 13:53

Seuls et sans guide pour vous diriger, vous êtes partis à la quête de tu ne sais trop quelle fantaisie de celle que tu dois surveiller.  Tu as lu la réluctance dans les yeux du vénérable Dagda quand il a finalement accepté de laisser partir la jeune femme.  Une très mauvaise idée si on te demande ton avis, mais en tant que membre extérieur de la tribu personne n'en fais cas.  Tu ne peux donc que préparer les sacoches qui pendront sur les flancs de ta monture contenant tes maigres possessions pour le voyage.  Malgré ton désaccord et le fait que tu considères l'expédition comme étant insensée, tu gardes le silence tout le temps des préparatifs.  Cela fait déjà quelques semaines que l'apprentie shamane est à ta garde et vos relations ne se sont pas améliorées depuis.  Tu la détestes du plus profond de son être, elle qui se croit supérieure à tout le monde alors qu'elle ne vaut rien, elle qui croit avoir plus de vision que les autres alors qu'elle ne voit que ce qui lui convient.  Si ce n'était que d'elle, tu pourrais t'y faire : ce n'est qu'une femme et tu sais comment remettre ces créatures à leur place quand il le faut.  Toutefois tu ne le peux pas avec autant de liberté que tu n'en aurais chez toi.  Les Duniens sont un peuple difficile à apprivoiser et tu dois toujours te montrer sur tes gardes en raison de leur perpétuelle méfiance.  Tu te préoccupes peu de leurs débats intérieurs, encore moins de leurs secrets : tu es un guerrier pas un espion et pour le moment le Nuada ne t'a envoyé que t'occuper de la mission qu'on t'as donnée, c'est-à-dire surveiller cette femme, cette chose qu'il t'est impossible de considérer comme une humaine.

La nouvelle du départ te déplaît.  Beaucoup. Cela va impliquer que tu vas devoir être encore plus vigilant, surtout la nuit quand vous serez seuls dans la nature.  Elle pourrait s'échapper pendant ton sommeil et c'est ce que tu ne veux surtout pas.  Tu ne crains pas qu'elle tente de te tuer, tu sais que ton repos est trop léger, le moindre mouvement sur ton corps serait repérer trop rapidement pour qu'elle ne puisse tenter quelque chose.  Tu n'as pas peur des travaux difficiles, mais là il n'est plus questions de difficultés, mais bien de folie.  Cette femme est complètement improbable et casse-pied.  Combien tu la hais!  En plus, pour quelqu'un qui a été élevée avec les animaux, elle chevauche mal.  Son cheval suit ses directions certes, mais il avance de façon étrange, elle n'a aucune prestance et surtout votre cheminement en est retardé.  Tu veux mettre fin aussi tôt que possible à ce voyage insensé.  Tu ne crois qu'à moitié aux rêves qu'elle raconte.  La nuit, elle ne dort pas – tu le sais parce qu'elle t'empêche de dormir – et elle farfouille dans tous les sens.  Son comportement est plus que louche, mais le Dagda semble la croire quand elle prétend recevoir une vision des Esprits à laquelle elle doit répondre.  Le vieillard commence à se faire âgé et à être beaucoup trop crédule à tes yeux.  Les yeux de cette femme montre toute sa fourberie, il n'est nul besoin de pouvoir parler aux êtres de l'autre monde pour s'en rendre compte.

Vous êtes déjà partis depuis plusieurs jours et tu t'inquiètes en voyant le paysage se changer autour de vous.  Vous avez pris la direction pour le nord et vous êtes en territoire eïri depuis quelque temps déjà.  Peuple plutôt pacifiste, tu ne t'en fais pas tellement par rapport à ses habitants, mais plutôt à ce qui se cache chez eux.  Et si vous continuez dans cette direction vous allez foncer directement vers un endroit que tu ne veux pas vraiment visiter…  On ne perturbe pas le repos des Esprits sans raison et tu as la nette impression qu'elle l'oublie beaucoup trop souvent.

« C'est la forêt d'ébène droit devant, » déclares-tu d'un ton sombre lorsque tu en vois les premières silhouettes figées se dessiner à l'horizon.  Et quoi qu'elle dise, il est hors de question que tu n'y mettes les pieds pour encourir le courroux de la fiancée des corbeaux.
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Ràn Brunecorne
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MessageSujet: Re: Je sais bien que tu aimes croasser, mais tu exagères là   Jeu 11 Jan - 20:20

"Effectivement, nous allons border l'orée de la forêt, peut-être rester dans la périphérie externe pour aller plus vite."

C'est du moins les directives qu'on lui avait donné. Elle avait déjà vu de loin cet amas d'immenses arbres dont les feuillages impénétrables invitaient l'obscurité en chassant tout rayon de l'astre solaire. La jeune femme n'était pas ravie de ce voyage loin de là. Elle avait dû quémander plus que de raison auprès de Dagda pour qu'il daigne la laisser aller. La dunienne n'en avait plus pu de ne pas dormir, de ces impressions fugaces et insaisissables, de cette gène persistante. Comme si quelque chose restait collée au fin fond de sa mémoire, un souvenir qu'elle était incapable de se rappeler, mais qui grattait sous la surface de sa conscience sans jamais se montrer. Elle avait presque cru en perdre la raison. D'autres de sa tribu avaient aussi été affectés par cet étrange mal, mais il semblait qu'elle plus que les autres, était-ce à cause de sa condition?

Gärn n'avait pas semblé plus fatigué que cela, mais peut-être que ses connaissances et son expérience lui avait prodigué une sorte de résistance aux aléas surnaturels. Ràn n'avait pas osé en parler avec le Hald, il avait toujours une mine austère et désagréable. Pourtant, elle était réellement curieuse de savoir si lui aussi avait été visité par cet Esprit qui sévissait.
Était-ce seulement son peuple qui subissait ces réminiscences étranges ou bien tout le monde était-il touché?
Puis derrière cette pensée, une autre avait émergée, perfide, pernicieuse, pouvait-elle s'en faire un allié pour les rendre fou, pour leur faire subir toute la douleur qu'elle supportait et qui piquait encore son cœur?

Seulement, perdu dans la vallée, non loin de cette forêt sinistre, toutes ces considérations semblaient bien loin d'elle. Ràn avait retrouvé le sommeil qu'elle avait accueilli à bras ouvert, le sourire jusqu'au oreille, jamais elle n'aurait cru qu'en manquer de la sorte pourrait être si désagréable. Le voyage aurait pu être agréable, mais voilà, il était là, il avait fallu qu'il vienne, chaperon grognon aux lames terrifiantes. Plus la forêt se rapprochait et plus un vent léger soufflait, comme une invitation qui les sommait d'entrer pour se perdre dans l'obscurité des arbres. Ràn tourna la tête vers les troncs massifs qui se dessinaient dans le lointain, son regard comme attiré par les ombres. Et si? Et s'ils entraient?

Une soudaine envie, comme il en vient parfois de croquer dans un biscuit à peine sorti du feu. Une impulsion, pas la sienne, comme si on l'avait mise là. Bien malgré elle, sans vraiment qu'elle ne s'en rende compte, son cheval dévia doucement, discrètement.

" Astor m'as dit de ne pas franchir les totems de pierres placés là pour avertir de la limite à ne pas dépasser pour ne pas se perdre dans la forêt. "

Astor, un guide, un vieux de la vieille qui avait placé des petites sculptures de pierres avant l'hiver dans la forêt pour éviter les accidents fâcheux. Il ne l'avait fait que sur une courte distance, et n'avait pas empiété sur le territoire Eïrs. Si bien qu'il avait avertit que selon l'endroit où il trouverait la forêt il se pourrait qu'ils ne rencontrent que des arbres et la végétation environnante. Cette frontière invisible fit naitre un mécontentement dans son ventre. Pas le sien encore une fois, mais comme si elle était incapable de s'en rendre compte, elle ne fit pas la différence. Déviant toujours imperceptiblement. Une invitation, oui, encore une autre, mais peut-être pas aussi franche et de bonne foie que la première.

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Lothar Duracier
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MessageSujet: Re: Je sais bien que tu aimes croasser, mais tu exagères là   Mar 23 Jan - 9:17

Border la forêt.  Cette femme est complètement folle.  Tu le sais déjà depuis longtemps, mais il ne s'agit-là que d'une confirmation de plus de sa folie.  Aller plus vite, quelle merveilleuse idée!  Son but c'est bien le royaume des morts, à ce rythme il n'y a plus de raison d'en douter.  Ne sait-elle pas que ceux qui s'aventure dans la forêt d'ébène n'en ressortent jamais?  Ne craint-elle pas la fiancée des corbeaux?  Ça ne t'aurait pas surpris qu'elle te révèle que c'est elle justement, mais tu sais que ce n'est pas le cas.  Le Dagda l'aurait su et il n'aurait pas laissé une chose aussi dangereuse en liberté, encore moins l'aurait-il laissée en vie après sa lourde trahison.  L'idée de suivre les contours de la forêt ne te plaît pas particulièrement, ça grouille d'esprits là-dedans et tu n'as pas l'intention d'en fâcher quelques uns en passant devant leur demeure sans leur faire d'offrandes pour éviter leur mauvais œil, tout simplement parce que tu ne saurais pas qu'elles sont là, quelque part dans l'ombre.  L'idée de l'assommer et de prendre les commandes te traverse l'esprit un instant avant de te raviser : si tu osais toucher un seul de ses cheveux dégoûtants, elle ferait une crise horrible à son réveil et tu ne tiens pas du tout à affronter cela.  Elle est déjà bien assez désagréable dans son état naturel, une bosse sur le crâne ne l'arrangerait pas du tout.

Tu te résignes donc plus ou moins à devoir suivre son idée stupide, car de toute façon tu n'as pas trop le choix de la suivre, c'est elle qui sait où vous allez – d'ailleurs tu n'as pas tout à fait l'impression qu'elle le sait réellement.  Tu ne crois pas en cet histoire d'instinct primitif qui lui indique le chemin à prendre.  Vous les Halds, vous respectez les shamans qui sont le pont entre le monde des hommes et celui des esprits, ils sont emplis d'une sagesse vénérable et en-dehors des guerriers, il s'agit de la seule caste qui soit respectable.  Néanmoins, cela ne fait pas de vous des imbéciles crédules.  Les membres des autres tribus ont toujours la prétention de croire que le fait que votre musculature soit développée en raison de votre aptitude au combat, nourrie dès l'enfance, soit une raison pour vous croire plus stupides que la moyenne des gens.  Ce n'est pas le cas.  Vous avez des esprits cartésiens, calculateurs, vous n'agissez pas à l'aveuglette.  Et la Dunienne se trompe lourdement si elle croit qu'elle peut te piéger.

Et encore plus si elle croit vraiment que tu vas la laisser faire ce qu'elle veut entreprendre.

Quand son cheval s'engage pour pénétrer dans la forêt, tu ne fais qu'un avec ta monture.  Ce sont des années à chevaucher ensemble qui vous permet une tell liaison et pas quelque talent de ta part avec les animaux.  Tu interceptes rapidement sa route, l'air grave.

« Nous ne passerons pas par la forêt, » grondes-tu, les dents serrés.

Ton visage est sévère.  Tu peux tolérer beaucoup de choses, mais il est de certaines choses que tu ne peux pas.  Par exemple traverser une forêt mortelle.  Cela t'apporterait le déshonneur d'être mort de façon idiote.  Mais ça, pas la peine de lui expliquer, elle ne pourrait pas comprendre.  Elle n'a pas d'honneur.

« Je ne sais pas ce que tu mijotes comme plan stupide, mais je suis là pour t'empêcher de nuire et crois-moi que tu ne poseras pas un orteil sur le sol de cette forêt.  Si tu penses que je vais te laisser aller rejoindre la fiancée des corbeaux, tu te trompes! »

Ton destrier est nerveux, tu le sens.  Lui non plus, ça ne lui plaît pas cette idée de s'aventurer dans la forêt et tu peux te fier aux instincts de l'animal, ils ne t'ont jamais trompé par le passé.  Si ce chemin était sans danger, il ne renâclerait pas autant, grattant le sol avec ses sabots dans un mouvement répétitifs et anxieux.
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Ràn Brunecorne
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MessageSujet: Re: Je sais bien que tu aimes croasser, mais tu exagères là   Sam 27 Jan - 19:18

« Nous ne passerons pas par la forêt, »

C'est la surprise qui se dépeint sur le visage de Ràn aux mots insensés du barbare. A quel moment dans sa tête avait-il cru qu'elle aurait des plans aussi douteux, plus il faisait étalage de ses soupçons et plus ses yeux s’agrandissaient. Devait-elle en rire ou en pleurer? Elle ne savait pas encore. Rejoindre la fiancée des corbeaux? Si seulement les choses étaient aussi simples. Personne ne savait qui elle était vraiment, sans parler de l'entité qui l’appelait à lui. La shaman n'était pas tout à fait blanche, mais elle n'était pas stupide au point de croire des chimères. Elle avait survécu par un étrange miracle qui n'était pour la dunienne qu'un cauchemar malsain. Dans sa tête mourir aussi stupidement après avoir enduré autant n'était pas envisageable, du moins pas avant de les avoir vu eux aussi souffrir, d'avoir aperçu l’effroi manger leur bon sens jusqu'à les en rendre fous.
Lui aussi il subirait, mais pour l'heure, ses pensées terribles n'étaient qu'un embryon que la fureur faisait germer en secret sans que sa conscience et les résidus de ce qu'elle était n'en sache rien. La colère et le désespoir n'étaient pas encore assez bien implanté pour tout ravager, cela se ferait en douceur, avec patience. Lothar aidait beaucoup en ce sens. Ne voyait-il pas que son attitude était l'eau qui nourrissait les graines? Sans doute pas.

Sur le front de la femme, les mèches s'agitaient en rythme des allers-retours de sa tête pour signifier au guerrier qu'il faisait fausse route, et tout autour les corbeaux commençaient doucement à s'amasser, bête curieuse d'une conversation qui ne les regardaient en rien. Allaient-ils le répéter à la fiancée et son mari monstrueux? C'était un mystère.

-Mais à quel moment tu as réussi à imaginer quelque chose d'aussi stupide. La rejoindre? Pour quoi faire? Il n'y a que la mort qui attend ceux qui sont pas invité sur le territoire de la fiancée, pour peu que qui que ce soit y ait été invité un jour.Dans tous les cas, personne n'en ai jamais revenu. J'ai pas l'intention de disparaitre de la circulation, désolé pour toi.

Peut-être n'aurait-elle pas dû dire de tels propos, cela aurait pu faire germer des idées dans la caboche déglinguée d'un soldat ayant déjà reçu bien trop de coups pour raisonner correctement. Son cheval dont la monture de Lothar bloquait le passage s'impatientait. Il ne pouvait avancer, ne voulait reculer à cause des oiseaux qui s'accumulaient. Il voulait fuir, partir, c'était son instinct qui lui dictait que l'immobilité augmentait le risque de se faire agresser par un prédateur. Une proie facile. Alors il hennissait et tapait du pied, signe de protestation, une mise en garde avant de mettre sa menace à exécution.

Pourtant Lothar n'avait pas tort dans un sens, car Ràn était attiré par les profondeurs de la forêt, n'aurait-il pas été là qu'elle s'y serait sans doute enfoncé sans même y faire attention. Allaient-ils se faire entrainer tout les deux?

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Lothar Duracier
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MessageSujet: Re: Je sais bien que tu aimes croasser, mais tu exagères là   Dim 11 Fév - 16:47

Tu lui jettes un regard noir empli de colère.  S'il n'était pas de ton devoir d'assurer sa surveillance par contrat, tu l'aurais simplement étranglée sur place et ça aurait été bon débarras.  Néanmoins, le sang a coulé et tu ne peux plus revenir sur ta parole, bien que tu crois que tout ceci ne soit une vulgaire mascarade qui ne mène à rien.  Au final, tu ne doutes pas un seul instant que l'apprentie shamane se fasse exécuter par sa tribu un jour.  Il n'y a pas d'autres issues, tu en es persuadé.  Et ça ne te gêne pas vraiment.  Quand Ràn sera morte et enterrée, tu pourras quitter les terres duniennes et retrouver le sable de chaud de Vojnä où tu prendras de nouveau un apprenti.  Tu gardes encore espoir pour Gaëlle, mais bien que tu sois si fier d'elle et qu'elle monte en grade rapidement, quelque chose te chicote par rapport à elle.  Les erreurs que tu as commises auprès d'elle, tu ne les répèterais pas.  Peut-être qu'on t'assignerait à une mission plus excitante que celle de jouer le chien de garde d'une sorcière.  Une sorcière qui en plus parle beaucoup pour son propre bien.  Peut-être que si tu lui coupes la langue, personne ne t'en voudra…  Elle doit en agacer plus d'un en toute vérité.  Tu chasses rapidement cette idée de ta tête, écoutant à moitié son discours au cas où tu y décèlerais des informations compromettantes qui pourraient contribuer à sa mise à mort.  Peut-être te laisserait-on être le bourreau.  Ce serait vraiment jouissif.  Tu regrettes que tout ceci ne soit que fantaisie imaginée.

« Ne pas te laisser disparaître de la circulation c'est mon travail femme.  Crois-moi que si un simple accident pouvait te perdre au fond de cette forêt et laisser ton cadavre être dévoré par les corbeaux, je laisserais ce destin se réaliser avec grand délice. »

Si seulement cela pouvait être possible.  Plus de voix pour te narguer encore et toujours.  Tu la détestes tellement.  Et ce serait si facile de la tuer et de la faire disparaître, en jetant sa carcasse dans le creux d'un fleuve pour le laisser réapparaître gonflé d'eau plus tard ou tout simplement le laisser en proie aux charognards.  Mais tu ne peux pas faire cela, bien que la perspective soit aussi tentante. C'est décourageant pour tout dire et tu fais ton travail sans geindre.  Un guerrier ne se plaint pas de ses maux.  Il les supporte et il finit par vaincre avec triomphe sur eux.  Tu ferais pareil avec cette femme moins que rien.

« Recule ton cheval.  Maintenant.  On longe la forêt comme on l'a d'abord dit.  Rien à foutre que ton ami aie installé des dolmens.  Quitte à être plus lents, au moins on restera vivant.  Morte, tu ne verras pas grande choses de ces rêves que tu prétends faire.  C'est drôle comment ils ont disparu dès que le Dagda Perceneige n'aie plus été à proximité.  Tu es une menteuse et c'est bien pour cela que tu es encore en vie, au détriment de tous.  Remercie plutôt les dieux qu'on ne t'aie pas tuée et reste donc tranquille. Ça me fera des vacances! » grognes-tu en faisant avancer ton cheval vers le sien, pour le forcer à s'écarter de cette route dangereuse que tu n'emprunterais pour rien au monde.
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Ràn Brunecorne
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MessageSujet: Re: Je sais bien que tu aimes croasser, mais tu exagères là   Mer 14 Fév - 9:37

Des menaces encore et toujours. Mais au moins la relation qu'elle pouvait entretenir avec cet homme était simple, limpide et ça lui convenait parfaitement. Cela ne voulait pas dire qu'il ne l'insupportait pas, qu'elle ne rêvait pas qu'il trébuche sur son arme pour s'empaler avec, mais au moins n'avait-elle pas à le repousser, pas à risquer de s'attacher, puisqu'elle le détestait déjà. En ça, la situation lui allait, mais elle ne voulait plus avoir à l'entendre ni à le voir et rêvait du jour où il ne serait plus là à poser ses yeux glacials sur sa silhouette.

Il voulait la voir morte, au moins était-ce clair et il n'avait jamais menti à ce sujet, ni même tenté d'adoucir ses propos. Sa franchise le mènerait peut-être un jour à sa perte, incapable de malice, ses intentions étaient beaucoup trop claires pour son propre bien. Il ne le voyait pas, Ràn prenait cela pour une faiblesse, dans un autre temps cette franchise brutale lui aurait plu et elle l'aurait considéré comme une qualité. Mais il s'agissait d'une autre vie. Elle se contenta donc simplement de lui adresser un sourire patient en réponse à sa tirade enflammée sur ses fantasmes morbides. Espérant monter l'inconfort et l'exaspération de Lothar au delà de ce qui était humainement envisageable. C'était sa seule arme, le seul moyen de pourrir le cœur et l'âme du guerrier qui était, pour le moment, à sa disposition. Lui qui ne semblait pas attirer par la chair et n'avoir d'autre vice que celui d'être anormalement fier et hautain.
Dans une autre vie, elle aurait pu s'amuser de sa complaisance, de cette attitude qui portait le guerrier et le forçait à bomber le torse tout en posant un regard sans joie sur le monde. Mais à devoir se le coltiner toute la journée, toutes les soirées, cela ne faisait que tirer sur la corde de sa patience en la limant avec une minutie proprement incroyable.

"Ou alors c'est que tu as l'esprit trop obtus ou indigne pour recevoir ces rêves? C'est drôle quand même que je n'ai plus ces rêves, c'est tout autant drôle que d'autres aient eu les mêmes problèmes que moi, même si atténué. Le Dagda n'est pas si stupide pour me laisser aller par mont et par veaux simplement sur ma seule parole. Je ne suis pas la seule, il le sait, je l'ai vu dans ses yeux lorsque je lui ai parlé."

Ràn fini par hausser les épaules, écoutant tout de même, la mort dans l'âme, ce que lui disait le guerrier pour redresser son cheval. Tiraillé entre acte conscient et volonté invisible. La forêt l'attirait terriblement, comme un chant de sirène sylvestre.

"Que tu le veilles ou non, j'ai des capacités et je te suis supérieure à ce niveau. Cette sensibilité que tu n'auras jamais, tu ne pourras la comprendre, même si tu la rejettes de toute ta volonté, elle existe et ça, ça te rend fou hein. Avoue-le. Tu n'es pas digne, tu n'es pas assez...quoi que ce soit, pour que les esprits daignent se montrer à toi"

Si cela ne finissait pas dans un bain de sang d'ici la fin du voyage, ça aurait été un véritable miracle.

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Je sais bien que tu aimes croasser, mais tu exagères là
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